64 Flares Twitter 0 Facebook 0 LinkedIn 64 Email -- Filament.io 64 Flares ×

Décidément, il y a toujours un revers à une médaille. Au fil du temps, la technologie a toujours amené son lot d’améliorations à la qualité de vie au travail mais aussi son lot de désagréments voire de pénibilité. Aujourd’hui, notre connexion « no limit » à l’information professionnelle via mail, post sur réseaux sociaux provoque à la fois le rapprochement des uns vers les autres mais aussi l’éloignement des uns vers les autres. Alors, comment gérer ce paradoxe ?

On est très nombreux à être confronté à la surabondance d’informations, encore appelée « infobesité« , mais ceci s’est accéléré depuis quelques années en se combinant avec le phénomène « d’immédiateté » de la réponse, le tout renforcé par une accessibilité sans contrainte en mode ATAWAD*. Le traitement instantané ou presque de l’information fait croire à son auteur qu’il est ultra-réactif tout en le mettant, à ses dépens, en situation de FOMO (Fear of Missing Out). En fait, c’est probablement la combinaison de tous ces facteurs qui provoque l’impression de menace voire d’agression chez bon nombre d’entre–nous. Alors, dans ce cas, pourquoi ne pas différer l’envoi de certains messages pour privilégier la réflexion et un contenu qualitatif, plutôt que générer par précipitation une spirale d’échanges tout aussi inutile que chronophage ?

Tout ne se règle pas par mail : on n’oublie trop souvent que l’explication en face à face ou par téléphone permet de régler des problèmes ou soulever des incompréhensions qu’une longue série de mails n’arriverait pas à résoudre. La proximité virtuelle via mail ou post ne doit donc en aucun cas exclure la proximité physique si l’on veut continuer à être ancré dans la réalité et ne pas ressentir le sentiment d’isolement qui, s’il devait s’inscrire dans la durée, peut conduire à des situations beaucoup plus graves comme celle du «burn out».

Certains salariés, conscients du potentiel danger de la connexion intensive, choisissent d’adopter des solutions plus ou moins radicales. Ils peuvent opter pour un séjour « cure digital détox » comme le proposent de plus en plus d’établissements hôteliers. Le principe est simple : le trésor numérique des clients (ordinateur portable, tablette, smartphone) est consigné à l’arrivée contre la promesse d’un programme zen constitué de massages, coaching, cours de diététique… Quels sont les bénéfices à long terme ? A la limite on s’en moque, l’essentiel résidant sans doute dans la prise de conscience. Plus contraignante est la solution qui consiste à installer sur son mobile des Apps qui bloquent l’arrivée des mails….pas sûr non plus que cette solution basée uniquement sur la privation satisfasse très longtemps leurs auteurs.

De leur côté, des entreprises comme Canon, Areva, Volkswagen se sont emparées du sujet et ont décrété des journées sans mail ou des journées digital detox….pour quel résultat? Difficile à mesurer. Il n’est pas certain que des opérations imposées de ce genre soient appropriées et salutaires. Personnellement je miserai davantage sur la pédagogie et j’expliquerai comment on peut devenir digital Minded sans être forcément un digital Addict !

A méditer : « Il faut s’échiner à pratiquer une diététique de l’information, au risque de mourir d’info-obésité » Joël de Rosnay

*ATAWAD (AnyTime, AnyWhere, AnyDevice)