8 Flares Twitter 0 Facebook 0 LinkedIn 8 Email -- Filament.io 8 Flares ×

A l’aube du centenaire de la bataille de Verdun, documentaires et articles viennent rappeler ce qu’a pu être la Grande Guerre au début du siècle dernier. Pourtant, si les médias traditionnels viennent rappeler les grandes lignes de ces combats, les réseaux sociaux viennent parfois apporter un éclairage nouveau sur ces périodes de l’histoire.

Humaniser l’Histoire

« Léon Vivien », c’est le nom du poilu créé de toutes pièces par le Musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux en 2013. Créé dans le cadre d’une opération de communication et de sensibilisation « Facebook 1914 », Léon a permis à de nombreux internautes de suivre au jour le jour le quotidien d’un jeune instituteur de 29 ans déclaré « apte au service armé » et envoyé sur le front. Mais avant d’y mourir, Léon a raconté sur Facebook son quotidien dans les tranchées, partageant souvenirs, impressions, photos et courriers à son épouse.

J’ignore combien d’obus ont volé au-dessus de nos têtes. Combien ont explosé. Je ne peux pas m’empêcher de songer, vu le nombre, qu’il y en a sans doute un pour moi.

Posté par Léon Vivien sur mercredi 22 mai 2013

En empruntant les codes de communication propres aux réseaux sociaux du XXI siècle tout en partageant des contenus issus de la Grande Guerre, le musée a réussi à l’époque un premier vrai mélange des genres qui a réuni près de 65 000 personnes, dont 60% ont moins de 35 ans.
Placée sous l’autorité de documentalistes, d’historiens et d’experts qui ont veillé à respecter la véracité des publications, l’expérience a permis de mettre un nom et un visage sur des événements parfois bien lointains pour la jeune génération. Une façon de sensibiliser à la mémoire de 1914-1918 en utilisant des codes on ne peut plus actuels.

Se réapproprier la chronologie

Et au-delà d’une certaine humanisation des faits historiques, les réseaux sociaux permettent également à ses utilisateurs de se réapproprier la chronologie des événements et d’en prendre plus pleinement la mesure.
Michael Bourlet, enseignant-chercheur en histoire contemporaine à l’école spéciale militaire de Saint Cyr, a profité du centenaire du début de la guerre de Verdun pour réaliser des live-tweets des événements tels qu’ils se sont déroulés il y a 100 ans.

Le format court du tweet permet bien de dérouler une chronologie en différentes étapes, apportant par la même occasion des archives d’époque associées à un contexte, une chronologie ou une géographie.

On constate donc bien à quel point les codes du web 2.0 peuvent servir autant l’histoire que la mémoire d’événements. Ils permettent une réelle sensibilisation d’un public plus jeune, et plus large qu’une simple campagne de communication d’un musée ou d’une institution culturelle. Ils sont également au service d’une pédagogie de l’histoire renouvelée, capable de faire du temps des réseaux sociaux un temps d’apprentissage collectif où l’histoire devient le temps d’une expérience de l’entertainment à très forte valeur ajoutée !

Et pour les plus curieux, vous pouvez suivre un live-tweet de la seconde guerre mondiale sur Twitter, avec le compte @RealTimeWWII